« Du passé au présent,
il était une fois Air Affaires Gabon »
A propos d’Air Affaires Gabon, une histoire fabuleuse dont nous reprenons, fidèlement, ici le récit et les illustrations de l’époque nécessaires à la bonne compréhension de cette compagnie aérienne riche de plus de 30 ans d’existence et qui nous conforte dans l’idée de reprendre, aujourd’hui encore, cette affirmation de l’époque selon laquelle ; « Air Affaires Gabon est probablement la première société de transport aérien à la demande du continent africain »
Les Bellanger sont des bâtisseurs depuis plusieurs générations. Raymond Bellanger est lui aussi dans le bâtiment, il choisira de s’installer et d’investir au Gabon, une expérience nouvelle pour ce pionnier qui y débarqua en 1972, valise au poignet par un beau jour, il était alors âgé de trente et un ans.
Trois ans plus tard, il créait la Société de Construction et de Bâtiments (SOCOBA), puis l’entreprise de dragages et de travaux publics de la Lowé et développa d’autres affaires encore dans des domaines très diverses.
L’essentiel du Groupe Bellanger se situait alors dans le bâtiment avec un effectif de croisière de 4500 personnes dont 220 européens. Parmi ses nombreuses réalisations on compte alors l’actuel Palais Présidentiel du Président de la République El Hadj Omar BONGO ONDIMBA.
« Le doigt dans l’engrenage »
Raymond Bellanger est venu tout naturellement à l’aviation, car c’est le seul moyen rationnel de se déplacer rapidement à travers le pays. Il faut rappeler qu’il est pilote qualifié sur King Air E90.
Certes, il y a des pistes qui sillonnent la forêt tropicale, mais s’y déplacer en voiture peut prendre les allures d’un raid automobile, à preuve ces quelques lignes extraites du quotidien gabonais l’Union du 25 avril 1979 : « Depuis plusieurs semaines, la pluie tombe en abondance et avec une violence sur la région de Bifoun, véritable nœud routier. Les routes de latérite souffrent beaucoup de ces intempéries et sont devenues de véritables bourbiers. Des barrages de pluies ont été installés à Bifoun. Lorsqu’il pleut, aucun véhicule ne peut s’aventurer sur les routes et il faut attendre que le soleil sèche le sol pour pouvoir de nouveau circuler. Les passagers des véhicules de transport sont parfois contraints de passer plusieurs heures, voire quelques jours à Bifoun, dans l’attente de la possibilité de voyager. Malgré les interdictions, les quelques imprudents qui se lancent tout de même sur les routes, en temps de pluie, se retrouvent complètement embourbés à un endroit ou à un autre. Cet état de fait gêne considérablement les commerçants qui se rendent dans la Ngounié et la Nyanga, en cette période de ramassage du manioc et de la banane plantain. »
Membres du gouvernement, industriels, techniciens, ouvriers ou particuliers voyagent donc par avion. Pour Raymond Bellanger, c’est une habitude déjà vieille d’une douzaine d’années. Une habitude à caractère virale, car à peine commençait-il à louer des avions à une société locale, qu’il voulu aussi apprendre à piloter !
Dès lors se développa un processus insidieux du type « doigt dans l’engrenage » : le brevet de pilote, la qualification bimoteur, l’achat d’un « King Air » E 90 (j’aime les beaux avions, dit-il)
De plus, un concours de circonstances favorisa la création d’Air Affaires Gabon, en 1974, et la signature d’un protocole d’accord avec Transair France pour la représentation Beechcraft au Gabon.
Raymond Bellanger dota sa petite compagnie, que l’on appelle aussi « 2AG », d’un « Bonanza » 36, de deux « Baron », d’un « Queen Air Airliner, et de son propre « King Air ».
« Beech, c’est la marque la plus chère mais aussi la meilleure, observe t-il ». Trois ou quatre pilotes mettaient en œuvre cette flotte. Un administratif, un comptable et une secrétaire complétaient l’effectif. L’entretien était confié à l’extérieur. Et voilà l’envol de la compagnie!